La critique littéraire : de quoi s’agit-il ?

La critique littéraire semble un sujet un peu difficile pour certaines personnes. Il est donc important de parler un peu de ce que cela peut être et son utilité dans la période où nous vivons.

La critique littéraire

La critique littéraire est souvent considérée comme la prise en compte raisonnée des œuvres et des enjeux littéraires. Elle s’applique, en tant que terme, à toute argumentation sur la littérature française, que des œuvres spécifiques soient analysées ou non. Les mises en garde de Platon contre les conséquences risquées de l’inspiration poétique en général dans sa République sont donc souvent prises comme le premier exemple important de critique littéraire.

Plus strictement interprété, le terme ne recouvre que ce que l’on a appelé la  » critique pratique « , l’interprétation du sens et le jugement de la qualité. La critique dans ce sens étroit peut être distinguée non seulement de l’esthétique, mais aussi d’autres questions qui peuvent concerner l’étudiant de la littérature : questions biographiques, bibliographie, connaissances historiques, sources et influences, problèmes de méthode. Ainsi, en particulier dans les études académiques, la « critique » est souvent considérée comme distincte de « l’érudition ». Dans la pratique, cependant, cette distinction s’avère souvent artificielle, et même la concentration la plus déterminée sur un livre peut s’appuyer sur des connaissances extérieures, tandis que de nombreux ouvrages critiques remarquables combinent la discussion de textes avec des arguments généraux sur la nature de la littérature et les principes de son évaluation.

La critique portera donc, dans ce domaine, sur toutes les phases de la compréhension littéraire, mais l’accent sera mis sur l’évaluation des livres nouveautés et de la place de leurs auteurs dans l’histoire littéraire. Elle existait depuis des centaines d’années et ne cesse de s’évoluer.

La critique littéraire du 20e siècle

L’idéal de la recherche objective a continué de guider l’érudition et la critique littéraires et a suscité des travaux d’une précision sans précédent. Les procédures bibliographiques ont été révolutionnées, les spécialistes de l’histoire, les biographes et les historiens de la théorie ont placé la critique sur une base factuelle plus solide. D’importantes contributions à la compréhension littéraire ont entre-temps été tirées de l’anthropologie, de la linguistique, de la philosophie et de la psychanalyse. La méthode impressionniste a cédé la place à une enquête systématique dont les hypothèses gratuites sont, si possible, exclues. Pourtant, des demandes pour une critique plus engagée sur le plan éthique ont été formulées à plusieurs reprises depuis plusieurs années.

Il n’y a pas de ligne de démarcation nette entre la critique académique et la critique produite par les écrivains et les hommes de lettres. Beaucoup de ces derniers sont aujourd’hui associés aux universités, et le principal changement d’orientation académique, de l’impressionnisme au formalisme, a pris naissance en dehors de l’académie. Ce n’est que par la suite que des universitaires ont adapté le New Criticism à la réforme du programme littéraire dans les années 1940. La nouvelle critique a été le pendant méthodologique de la pression de la littérature moderniste caractérisée par la difficulté, le paradoxe et l’indifférence ou l’hostilité totale à l’ethos démocratique.